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PHÉNOMÈNES ALÉATOIRES

Probabilités conditionnelles et arbres pondérés

Niveau 1ʳᵉ · Cours

🎯 Ce que tu vas consolider

🎯 À la fin de ce chapitre, je sais : calculer une fréquence marginale et une fréquence conditionnelle dans un tableau croisé · calculer une probabilité conditionnelle et distinguer p(A ∩ B), p_A(B) et p_B(A) · construire un arbre pondéré et calculer la probabilité d'un chemin · additionner les chemins qui mènent à un même événement · choisir entre un tableau et un arbre.

Tu as déjà croisé ces notions en seconde. Le programme de première les range parmi les AUTOMATISMES : elles doivent devenir des réflexes, parce que tout le reste — l'indépendance, la répétition d'épreuves — s'appuie dessus. Ce chapitre remet donc l'outil en main, en insistant sur le point qui coûte le plus de points : savoir ce qu'on divise par quoi.

🧮 Fréquences marginales et conditionnelles

Un lycée technologique compte 134 élèves : 69 en STMG, 31 en STI2D, 34 en ST2S, dont 65 garçons et 69 filles. « Quelle est la fréquence des garçons ? » et « parmi les élèves de STMG, quelle est la fréquence des garçons ? » sont deux questions différentes, et elles n'ont pas la même réponse.

📖 Définition

La FRÉQUENCE d'un caractère est l'effectif de la sous-population qui le vérifie, divisé par l'effectif total : fréquence = effectif ÷ effectif total. Elle est toujours comprise entre 0 et 1, et s'écrit indifféremment en fraction, en décimal ou en pourcentage.

Une FRÉQUENCE MARGINALE est une fréquence dans la population TOTALE : son dénominateur est le grand total du tableau, celui qui figure dans les marges.

Une FRÉQUENCE CONDITIONNELLE est une fréquence dans une SOUS-POPULATION : son dénominateur est le total d'une ligne ou d'une colonne.

✏️ Exemple

Fréquence marginale : la part d'élèves en STMG dans le lycée vaut 69 ÷ 134 ≈ 0,51, soit environ 51 %.

Fréquence conditionnelle : parmi les élèves de STMG, la part de garçons vaut 32 ÷ 69 ≈ 0,46, soit environ 46 %.

Même tableau, mais deux dénominateurs différents : 134 dans le premier cas, 69 dans le second.

✏️ Exemple

Contre-exemple : deux fréquences qu'on confond souvent.

Dans un groupe de campings, 114 sont à la mer AVEC animations. Parmi les 144 campings à la mer, 114 ÷ 144 ≈ 79,2 % proposent des animations.

Mais parmi les 130 campings avec animations, 114 ÷ 130 ≈ 87,7 % sont à la mer. Même numérateur, deux réponses : c'est l'ordre des mots dans la question qui décide du dénominateur.

✏️ Exemple

Méthode — calculer une fréquence dans un tableau croisé.

1) Je repère la sous-population dont on parle : c'est le NUMÉRATEUR.

2) Je cherche le mot « parmi », ou « sachant que ». S'il est là, la référence est une ligne ou une colonne ; sinon, c'est le total.

3) Je divise et je convertis si l'énoncé demande un pourcentage.

⚠️
Pièges classiques
  • « Parmi les filles, la fréquence de STI2D » et « parmi les élèves de STI2D, la fréquence de filles » ne sont pas la même chose.
  • Quand un tableau donne des pourcentages par colonne, ce sont déjà des fréquences CONDITIONNELLES : on ne peut pas les additionner ni les appliquer à l'effectif total.
  • Une fréquence n'est jamais supérieure à 1 : un résultat plus grand signale un quotient inversé.
📌 À retenir

Fréquence = effectif ÷ effectif de référence, toujours entre 0 et 1.

Marginale → on divise par le total ; conditionnelle → par un total de ligne ou de colonne.

« Parmi » est le mot qui change le dénominateur.

❓ Quiz — Fréquences

Question 1 — Une fréquence marginale se calcule en divisant par :

Question 2 — Sur 200 campings, 130 ont des animations et 114 d'entre eux sont à la mer. Parmi les campings avec animations, quelle est la fréquence de ceux à la mer ?

Question 3 — Un élève trouve une fréquence de 1,4. Que peut-on en conclure ?

🎯 La probabilité conditionnelle

Une information nouvelle change une probabilité. La probabilité qu'un chat soit malade n'est pas la même avant et après avoir su que son test est positif. C'est exactement ce que mesure une probabilité conditionnelle.

📖 Définition

Soient A et B deux événements, B de probabilité non nulle. La PROBABILITÉ DE A SACHANT B se note p_B(A) et vaut p_B(A) = p(A ∩ B) ÷ p(B).

En situation d'équiprobabilité, cette formule se lit directement sur un tableau d'effectifs : p_B(A) est le nombre d'issues dans A ∩ B divisé par le nombre d'issues dans B.

En multipliant les deux membres par p(B), on obtient l'égalité très utile p(A ∩ B) = p(B) × p_B(A), qui vaut aussi p(A ∩ B) = p(A) × p_A(B).

✏️ Exemple

Sur 157 pantalons, 83 sont noirs et 26 sont noirs de taille M.

p(N) = 83/157 ≈ 0,53 : c'est la probabilité qu'un pantalon pris au hasard soit noir.

p_N(M) = 26/83 ≈ 0,31 : sachant que le pantalon est noir, la probabilité qu'il soit de taille M. La référence est passée de 157 à 83.

✏️ Exemple

Contre-exemple : trois écritures qu'on ne doit pas confondre.

p(A ∩ B) : la probabilité que les DEUX événements se réalisent, calculée sur toute la population.

p_A(B) : la probabilité de B, sachant que A est déjà réalisé — on divise par p(A).

p_B(A) : la probabilité de A, sachant que B est déjà réalisé — on divise par p(B). Ces deux dernières sont différentes dès que p(A) et p(B) le sont.

✏️ Exemple

Méthode — calculer une probabilité conditionnelle.

1) Je repère l'événement qui est DÉJÀ RÉALISÉ : c'est lui qui passe en indice, et c'est sa probabilité qui va au dénominateur.

2) Je calcule p de l'intersection des deux événements.

3) Je divise. Sur un tableau d'effectifs, je peux directement diviser deux effectifs, sans passer par les probabilités.

⚠️
Pièges classiques
  • L'événement en INDICE est celui qu'on sait déjà réalisé : dans p_B(A), c'est B qui est connu.
  • p_A(B) et p_B(A) ne sont pas égales. Un test positif chez 90 % des malades ne signifie pas que 90 % des tests positifs concernent des malades.
  • p(A ∩ B) n'est pas p(A) × p(B) en général : cette égalité particulière caractérise des événements indépendants, ce qui est l'objet du chapitre suivant.
📌 À retenir

p_B(A) = p(A ∩ B) ÷ p(B) : l'indice est ce qu'on sait déjà.

p(A ∩ B) = p(B) × p_B(A) = p(A) × p_A(B).

p_A(B) ≠ p_B(A) : renverser le conditionnement change le résultat.

❓ Quiz — Conditionnelles

Question 1 — Dans l'écriture p_B(A), quel événement est supposé déjà réalisé ?

Question 2 — On sait que p(C) = 0,45 et p(C ∩ D) = 0,2. Que vaut p_C(D) ?

Question 3 — On sait que p(F) = 0,2 et p_F(E) = 0,45. Que vaut p(F ∩ E) ?

🌳 L'arbre pondéré

Quand l'énoncé ne donne pas d'effectifs mais des proportions — « 40 % des chats sont porteurs, et parmi eux 90 % ont un test positif » — l'arbre pondéré est l'outil naturel : il range chaque information à sa place et rend les calculs mécaniques.

0,25C0,750,4D0,60,12D0,88
📖 Définition

Dans un ARBRE DE PROBABILITÉS à deux niveaux, les branches du premier niveau portent p(A) et p(Ā) ; celles du second niveau portent les probabilités CONDITIONNELLES de B et B̄ sachant A, puis sachant Ā.

La somme des probabilités des branches issues d'un même nœud est toujours égale à 1.

PROBABILITÉ D'UN CHEMIN : on MULTIPLIE les probabilités des branches parcourues. Le chemin A puis B a pour probabilité p(A) × p_A(B), qui vaut p(A ∩ B).

PROBABILITÉ D'UN ÉVÉNEMENT DU SECOND NIVEAU : on ADDITIONNE les probabilités de tous les chemins qui y mènent. Ainsi p(B) = p(A ∩ B) + p(Ā ∩ B).

✏️ Exemple

Sur l'arbre ci-dessus : p(C) = 0,25, p_C(D) = 0,4 et p_C̄(D) = 0,12.

Chemin C puis D : p(C ∩ D) = 0,25 × 0,4 = 0,1.

Chemin C̄ puis D : p(C̄ ∩ D) = 0,75 × 0,12 = 0,09.

Deux chemins mènent à D, donc p(D) = 0,1 + 0,09 = 0,19.

0,4M0,60,9T0,10,15T0,85
✏️ Exemple

Contre-exemple : lire une donnée sur la mauvaise branche.

L'énoncé du dépistage dit : « lorsque le chat n'est pas porteur, son test est négatif dans 85 % des cas ». Ce 0,85 se place sur la branche M̄ → T̄, pas sur M̄ → T.

Sur la branche M̄ → T, on met donc 1 − 0,85 = 0,15 : la probabilité d'un faux positif. Placer 0,85 au mauvais endroit fausse tout le reste du calcul.

✏️ Exemple

Méthode — construire et exploiter un arbre.

1) Je place au premier niveau l'événement dont je connais la probabilité SIMPLE.

2) Je place au second niveau les probabilités conditionnelles, celles que l'énoncé introduit par « parmi » ou « lorsque ».

3) Je complète chaque nœud pour que la somme des branches issues vaille 1.

4) Je multiplie le long d'un chemin, j'additionne entre chemins.

⚠️
Pièges classiques
  • On multiplie LE LONG d'un chemin et on additionne ENTRE les chemins : jamais l'inverse.
  • Les probabilités du second niveau sont conditionnelles : 0,9 sur la branche M → T signifie p_M(T) = 0,9, pas p(T) = 0,9.
  • Pour calculer p(A) sachant B alors que l'arbre est construit dans l'autre sens, on ne lit rien directement : il faut repasser par p_B(A) = p(A ∩ B) ÷ p(B).
📌 À retenir

Somme des branches issues d'un nœud = 1.

Probabilité d'un chemin = PRODUIT des branches parcourues.

Probabilité d'un événement du second niveau = SOMME des chemins qui y mènent.

❓ Quiz — Arbre pondéré

Question 1 — Sur un arbre, p(A) = 0,3 et p_A(B) = 0,6. Que vaut p(A ∩ B) ?

Question 2 — Deux branches partent d'un même nœud, l'une portant 0,35. Que porte l'autre ?

Question 3 — Comment calcule-t-on la probabilité d'un événement placé au second niveau ?

🧭 Choisir le bon schéma

Tableau ou arbre ? Les deux disent la même chose, mais l'un des deux est presque toujours beaucoup plus rapide. Le critère de choix tient en une question : est-ce que je connais des effectifs ?

📖 Définition

Si l'énoncé fournit des EFFECTIFS, on choisit le TABLEAU CROISÉ : on place les nombres connus, puis on complète par additions et soustractions à partir des marges.

Si l'énoncé ne fournit que des PROPORTIONS, en particulier introduites par « parmi » ou « lorsque », on choisit l'ARBRE PONDÉRÉ : ces proportions sont des probabilités conditionnelles, qui trouvent naturellement leur place au second niveau.

✏️ Exemple

« Les deux tiers des amateurs de chocolat préfèrent le noir ; parmi ceux-là, la moitié le préfère aux amandes. » Aucun effectif : ARBRE.

« Sur 600 tirs, un tiers a eu lieu en match ; le gardien a arrêté 150 tirs au total. » Des effectifs : TABLEAU.

✏️ Exemple

Contre-exemple : un énoncé qui ressemble à un arbre mais se traite au tableau.

« Une urne contient 49 boules numérotées de 1 à 49 ; la moitié des paires sont bleues, les deux cinquièmes des impaires sont jaunes. »

Les proportions y sont, mais les effectifs se calculent aussitôt : 24 paires et 25 impaires, donc 12 paires bleues et 10 impaires jaunes. Le tableau est ici plus rapide et donne des fractions exactes.

✏️ Exemple

Méthode — décider en trois questions.

1) Combien d'événements sont en jeu ? S'il y en a deux, l'un des deux schémas convient.

2) Est-ce que je connais, ou peux-je calculer immédiatement, des effectifs ? Si oui → tableau.

3) Sinon, quelles proportions sont conditionnelles ? Elles iront au second niveau de l'arbre, et l'autre événement au premier.

⚠️
Pièges classiques
  • Un pourcentage introduit par « parmi » ne s'applique jamais à l'effectif total, mais à la sous-population qu'il désigne.
  • Même quand l'énoncé ne le demande pas, tracer l'arbre au brouillon évite d'oublier un chemin.
  • L'ordre des niveaux compte : c'est l'événement dont on connaît la probabilité simple qui va en premier.
📌 À retenir

Effectifs connus → tableau croisé. Proportions seules → arbre pondéré.

« Parmi », « lorsque », « sachant que » annoncent une probabilité conditionnelle.

Les deux schémas donnent toujours les mêmes résultats.

❓ Quiz — Choisir le schéma

Question 1 — « 20 % des cartes sont des cartes d'attaque ; parmi elles, 5 % sont rares. » Quel schéma choisir ?

Question 2 — « Sur 132 skippers, un quart court en solo ; 5 skippers en solo sont en multicoque. » Quel schéma choisir ?

Question 3 — Un même problème traité au tableau et à l'arbre donne-t-il les mêmes résultats ?

🏆
Cours terminé !

Ton mémo complet est dans l’encadré « Mémo ». Prêt·e pour les défis ?

📌 Mémo
🧮 Fréquences
  • Marginale : ÷ effectif total
  • Conditionnelle : ÷ total d'une ligne ou colonne
  • Toujours entre 0 et 1

69/134 ≈ 51 % · 32/69 ≈ 46 %

🎯 Conditionnelle
  • p_B(A) = p(A ∩ B) ÷ p(B)
  • p(A ∩ B) = p(A) × p_A(B)
  • p_A(B) ≠ p_B(A)

L'indice = ce qu'on sait déjà

🌳 Arbre
  • Somme des branches d'un nœud = 1
  • Le long d'un chemin : on MULTIPLIE
  • Entre les chemins : on ADDITIONNE

p(D) = 0,25×0,4 + 0,75×0,12 = 0,19

🧭 Quel schéma ?
  • Effectifs connus → tableau
  • Proportions seules → arbre
  • « parmi », « lorsque » → conditionnelle

Les deux donnent le même résultat

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